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Le théatre japonais se distingue sur plusieurs aspects. Il en existe différentes sortes

- Les Kagura sont les danses et les musiques Shintoïstes. Ce sont des rites de purification servant à éloigner les épidémies et le feu. Les Kagura sont joués à l'occasion des festivals traditionnels saisonniers, les Matsuri.

- Le Gigaku, qui date du 7éme siècle, est un art accompagnant les rites Bouddhiques et pour lequel on se déguise à l'aide de masques immenses censés représenter des animaux et des personnages importants de la société d'alors.

- Le théâtre Nô est le théâtre traditionnel du Japon depuis le 13éme siècle. Il puise ses origines dans le Kagura selon certains spécialistes. Une journée de Nô se compose de 5 pièces coupées par 4 farces. Chaque pièce est un approfondissement de la précédente et l'on pénètre peu à peu dans l'univers du créateur.

- Le Kabuki arrive plus tard, au 17éme siècle. Au départ, ce sont des femmes qui jouent, travesties en homme. Puis, en 1629, le gouvernement interdit aux femmes de jouer. Ce furent donc de jeunes hommes qui jouèrent les Onnagata, travestis en femme. Depuis, la coutume est restée et le Kabuki est le symbole du théâtre japonais dans son acception occidentale.

 

 

Dans le répertoire classique, on trouve "Le recueil des 10 000 feuilles" soit le premier écrit japonais, qui date du 7éme siècle seulement car ce sont les Chinois qui ont introduit l'écriture au Japon. Citons également le Genji-monogatari, de l'époque Heian, qui relate les évènements de la cour du point du vue d'une femme. Kadensho, de l'époque Muromachi, est le livre de référence en ce qui concerne l'esthétique et l'art.

Dans le domaine de la littérature moderne, Ogaï Mori et Futabatei ont marqué les débuts du 20éme siècle. Vinrent ensuite Kawabata et Koshimitsu puis plus récemment Ryu et Ogawa.

 

 

LE KABUKI

 

Le Kabuki est la forme épique du théâtre japonais traditionnel.

L'origine du Kabuki remonte aux spectacles religieux d'une prêtresse nommée Okuni, en 1603.

Au départ de cette forme encore très populaire du théâtre traditionnel, les femmes jouaient les personnages masculins, et les hommes les personnages féminins. Puis les premières troupes se sont formées, composées uniquement de comédiennes (Onnakabuki). Considérant que les actrices devaient très certainement avoir une vie dissolue, ce Kabuki des femmes fut interdit par les censeurs en 1629.

Parallèlement, depuis 1612 un Kabuki d'éphèbes (Wakashukabuki ou Okabuki) commençait à poindre. Cette interdiction le propulsa au premier rang, les jeunes garçons pouvant jouer les rôles féminins à s'y méprendre.

Jusqu'en 1642, où les censeurs se rendirent compte que des adolescents jouant des femmes pouvaient également avoir des murs dissolues. Après plusieurs interdictions, en 1653, ne purent interpréter des personnages féminins que des hommes d'âge mûr (Yarokabuki).

 


Ceci créa le principe de l'Onnagata. Depuis quelques années des actrices étudient de nouveau le Kabuki avec succès, sans pour autant détrôner les stars Onnagata traditionnelles telles que Tamasaburo ou Jakuemon.

Le répertoire est divisé en trois catégories :

   

 

La plupart des pièces toutefois mettent en scène des Samouraï

Les caractéristiques principales du Kabuki sont l'Onnagata, le Mie, moment l'acteur se fige un instant dans une attitude caractéristique du personnage, et le Hanamichi, (Littéralement "Chemin des fleurs") pont permettant aux acteurs d'entrer en scène en traversant le public.

Les acteurs de Kabuki sont maquillés (Et non masqués comme dans le No). Les maquillages sont très stylisés, et permettent au spectateur de reconnaître au premier coup d'il les traits principaux du caractère du personnage.

 

 

 

LE NO

Le No est un des styles traditionnels de théâtre japonais , venant d'une conception religieuse et aristocratique de la vie. Ce sont des drames lyriques au jeu excessivement dépouillé et codifié. La gestuelle des acteurs est stylisée autant que la parole qui semble chantée.

 

 

HISTOIRE

Sarugaku et Dangaku

Jusqu'au 17éme siècle, le No est connu sous le nom de Sarugaku no no, ou simplement Sarugaku. Ce dernier terme provient lui-même de Sangaku, qui designe tout un ensemble d' arts du spectacle, incluant les acrobaties, la jonglerie, la prestidigitation et le pantomime, importés de Chine. Progressivement, le pantomime comique devint l'attraction principale, entraînant le changement de nom (Sarugaku pouvant se lire "Spectacle du singe").

À la même époque, les traditions et rites paysans avaient donné naissance au Dangaku, ensemble de danses et de rites destinés à assurer de bonnes récoltes et à apaiser les mauvais esprits. Pratiqués en relation avec les pratiques divinatoires du bouddhisme ésotérique, ces rituels avaient l'appui des grands seigneurs et des grands temples bouddhistes. Ces appuis amenèrent les danseurs Dengaku à mettre l'accent sur la dimension dramatique de leur art. Le Kagura, souvent mentionné comme une des sources essentielles du No, est ainsi une forme de Dengaku.

 

 

Kan'ami et Zeami

La popularité de Dengaku est à son apogée quand naît Kiyotsugu Kan'ami (1333-1384). En 1345, il se lie avec Yoshimitsu Ashikaga, futur Shogun. L'appui conféré par cette puissante relation permit à Kan'ami de développer une synthèse de pantomime Sarugaku et des danses et chants du Dengaku dans la direction d'un art élégant et raffiné, adapté aux goûts d'un public aristocratique.

La paternité du No revient cependant au fils de Kan'ami, Motokiyo Zeami (1363- 443). Acteur dans la troupe de son père, il bénéficia également de la faveur du Shogun. Poussant la stylisation plus loin que ne l'avait fait son père, il imposa le Yugen, élégance tranquille, comme idéal du No. Zeami fut à la fois un acteur, un metteur en scène, et un auteur prolifique, écrivant tout à la fois des pièces et des essais théoriques qui devinrent les fondations du No. Il est probable qu'il remania en pronfondeur la plupart des pièces écrites par son père, ainsi que les pièces antérieures. Du fait de la contrainte imposée par ces nouvelles règles, l'aspect burlesque du Sarugaku trouva son expression dans la forme comique du Kyogen, dont les représentations sont liées comme un contrepoint à celles du No. Le traité essentiel de Zeami est La Transmission de la fleur et du style (Fushi Kaden), écrit en 1423 et qui reste l'ouvrage fondamental pour les acteurs contemporains.

 

 

 

 

 

 

 

 

NÔ et Shogun

L'histoire ultérieure du No est étroitement liée à ses relations avec le pouvoir. Ainsi, après la mort de Kan'ami, trois personnes se partageaient le devant de la scène : Zeami lui-même, son cousin On'ami (Mort en 1467) et son frère adoptif Zenchiku Konparu (1405-1470). Adeptes d'un style plus flamboyant que celui de Zeami et sans doute aussi meilleurs acteurs, On'ami et Konparu reçurent la faveur des successeurs de Yoshimitsu Ashikaga, les Shogun Yoshinori Ashikaga (1394-1441) et Yoshimasa Ashikaga (1436-1490), tandis que Zeami tomba en disgrâce.

La guerre d'Onin (1467-1477) et l'affaiblissement du pouvoir des Shogun qui en découla porta un grave coup au No. Afin de survivre, les descendants de On'ami et de Zenkichu Konparu tentèrent de s'adresser à un public plus large en introduisant plus d'action et plus de personnages.

 

 

Le renouveau du No eut cependant lieu sous les auspices de Oda Nobunaga (1534-1582) et de Toyotomi Hideyoshi (1537-1598), ce dernier étant un grand amateur de No, qui assurèrent la protection des troupes. Dans le même temps, la culture splendide de l'époque Momoyama marqua profondément le No, lui transmettant le goût des costumes magnifiques, la forme des masques encore employés aujourd'hui ainsi que la forme de la scène. C'est également à cette époque que se fige le répertoire du No.

Cette protection fut poursuivie à la période Edo sous l'autorité des Tokugawa. Déjà profondément lié à une transmission familiale, le No devint alors totalement une affaire de famille, chaque acteur devant appartenir à un lignage (L'adoption d'adultes était alors une pratique courante, permettant d'intégrer de nouveaux acteurs). Cette évolution est à mettre en relation avec la division de la société en classes de plus en plus étanches qui eu lieu à cette époque.

Élément essentiel des divertissement des Shogun et par extension des Samourai, le No devint pratiquement réservé à ces derniers. Sous l'influence de ce public, les représentations se firent plus solennelles et plus longues, le No devenant un art sérieux, demandant une grande concentration de la part du public.

 

 

 

 

MAQUILLAGE

Les acteurs de Kabuki sont maquillés (Et non masqués comme dans le No). Les maquillages sont très stylisés, et permettent au spectateur de reconnaître au premier coup d'il les traits principaux du caractère du personnage. Ce maquillage, Kesho, est composé d'une base blanche de poudre de riz sur laquelle sont ajoutées des lignes (Kumadori) qui amplifient les expressions du visage pour produire un effet de sauvagerie ou de puissance surnaturelle des acteurs. La couleur du Kumadori reflète la nature du personnage. Rouge, il s'agit d'un héros, juste, passionné, courageux. Le bleu est employé pour dénoter des caractères négatifs, le vert les êtres surnaturels et le violet les personnages nobles.

 

 

 

 

 

 

 

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